Le remblai du
rempart a permis la
conservation d'une
couche d'humus contenant du mobilier daté de la fin du Néolithique
jusqu'à la fin de lÂge du Bronze.
L'édification
de la grande terrasse a sûrement
marqué
le début des travaux sur la première fortification.
La terrasse fut creusée profondément dans la pente naturelle de manière à former un replat horizontal d'une largeur maximale de 15 m et un escarpement rocheux qui est encore préservé sur 2,50 m de hauteur. La partie haute de ce front de taille est fortement érodée. La hauteur originale jusqu'au niveau du replat du plateau et de la base du rempart pouvait être élevée jusqu'à 4,40 m. Les déblais constituent la base de matériaux de construction du rempart.
À l'extrémité
du bord du
plateau des aménagements initiaux à la construction du rempart sont
observables.
La couche d'occupation ancienne fut nivelée .
À environ 3 m de l'escarpement deux trous
de poteau ont été observés .
Ils sont parallèles à l'axe du rempart et distants de 1,10 m. Leurs
creusements sont fortement érodés, leurs diamètres (40 et 35 cm) et
leur profondeur (15 cm) ne sont donc que des indices. Surtout leur
position proche à l'arête d'érosion du rempart ne permettait pas d'
observer des régularités, car de possibles autres vestiges ont tout
simplement été pulvérisés par l'érosion. Ces trous de poteau sont les
seuls indices de l'emplacement du parement externe du rempart 1.
Sur
le même niveau, à 1,5 m
de l'emplacement du parement
supposé, un dépôt de deux vases céramiques aux 2/3 conservés fut
pratiqué . Cette trouvaille peut être interprétée comme sacrifice ou
dépôt lié à la construction du rempart 1.
Des faits similaires sont assez fréquents pour des fortifications, comme la découverte de 4(!) dépôts d'outils en fer à Linz-Gründberg (Autriche, fouille de O.H. Urban), deux dépôts (os d'animaux, meules) ont été dégagés cette année sur le Mont Lassois en Bourgogne (fouille T.Pertlwieser).
Directement au sud de ce dépôt se trouve un alignement de blocs de basalte sur 3,10 m de longueur dans l'axe du rempart. D'autres blocs sont aménagés sur le bord ouest du dépôt. Il pourra s'agir soit d'une sorte d'encadrement de la déposition soit - et c'est plus vraisemblable - d'un reste d'un renforcement interne du parement externe.
La
deuxième étape
est marquée par une première
couche de déblai, qui se compose de la terre organique, similaire à la
couche d'occupation. En effet il est vraisemblable qu'il s'agit de la
même terre, qui était aplanie en dessous de la base du rempart et
déversée dans la rampe. Au-dessus se trouve une deuxième couche de
déblai.
La deuxième plate-forme de pierres est la mieux
conservée
des ces états. Son extrémité nord est délimitée par une face interne ,
qui est partiellement préservée sur deux assises de blocs
basaltiques. La distance entre cette face interne et la position
supposée du parement externe est 7 m environ.
Deux possibles trous de
poteau ont été observés .
Ils
sont parallèles à l'axe
de la face interne. Il est
remarquable que les positions des trous de poteau observés au niveau de
la 1ère étape de construction et le poteau IF 10148 se trouvent dans un
angle droit et que la distance entre ceux de la 2e étape (2,30 m)
correspond quasiment au double de ceux de la 1ère étape (1,10 à 1,15 m).
En rouge : éléments observés. Le reste : éléments supposés
Au-dessus
de la couche de
remblai se trouve la troisième
plate-forme en pierres . A sa base elle est en contact direct avec le
socle basaltique. Les traces de trois possibles trous de poteau ont été
observées . Leurs emplacements ne se trouvent pas en relation régulière
avec ceux des étapes précédentes. Il est à noter qu'il s'agit dans ce
cas plutôt d'espaces vides entre les blocs de
basalte de la
plate-forme, qui ne peuvent pas être attribués aux vestiges de
construction avec certitude.
Au-dessus de ce niveau se trouvent les restes d'une autre couche de remblai d'une consistance plus organique par comparaison avec les autres. Il pourra s'agir dans ce cas-là d'un reste peu épais de la surface originale du rempart 1. L'inclinaison de cette couche peut servir à calculer la hauteur originale de la construction. Sa projection prolongée vers l'emplacement du parement externe démontre une hauteur minimale du rempart 1 de 2,30 m.
La
phase de fonctionnement
du rempart 1 se présente à l'emplacement du talus par une couche
d'occupation de consistance organique et située contre la face interne
du rempart. En 2002 cette couche a livré une fibule du HA D3. La couche
peut être interprétée comme sol de circulation contemporain au
fonctionnement du rempart 1.
Sur la terrasse, une couche
d'altération du substrat s'est formée postérieurement à son édification.
Sur ce niveau, préservé par les éboulis, se trouvent les restes d'une
couche d'ancien humus. Sa surface correspond à un sol de circulation.

À l'emplacement du talus, la phase d'abandon ou respectivement de destruction du rempart 1 est uniquement observable par des structures qui sont liées à la construction du rempart 2 (voir Phase IVa1).
Sur la terrasse, la couche d'éboulis est composée de blocs de basalte d'une taille identique à ceux des plates-formes du talus. Il est remarquable que la quantité de matériaux éboulés, qui se trouve sur la terrasse, correspond parfaitement au volume manquant sur le talus, entre la position supposée du parement externe et les structures conservées.
Situés
entre les éboulis du
rempart 1 et de la deuxième
fortification les seuls vestiges des interventions humaines datables
autour de la Guerre des Gaules ont été observés sur la terrasse. Il
s'agit d'un horizon de terre organique, contenant les restes d'une
fosse avec un diamètre de 1 m environ. L'aspect du matériel,
aux cassures par comparaison fraîches, laisse supposer un horizon
d'utilisation de la terrasse.
A
l'emplacement du
talus, la construction du rempart
2 est marquée par l'interface de construction, qui recoupe les couches
de remblai du rempart 1. Une perturbation du blocage de pierres est
liée à cette intervention. Deux couches de remblai reposent sur ce
niveau et servent comme aplanissement pour la construction des
structures par dessus.
La construction des vestiges structurels du rempart 2 semble avoir été effectuée en deux étapes. La première, correspondante à la phase IVa1, est l'édification du mur longitudinal . Il est maçonné en technique de pierre sèche, les parements sont construits avec des blocs de basalte non taillés, d'un diamètre variable de 15 à 50 cm au plus.
La grande majorité des pierres a un diamètre de 20 à 30 cm. Le fourrage consiste en un remplissage avec des pierres plutôt petites de 10 à 20 cm. L'état de conservation du mur longitudinal montre une dégradation de l'ouest à l'est.
A l'extrémité ouest, son parement interne est préservé sur 0,95 m de hauteur (8 - 10 assises de pierres), à l'Est sur seulement 0,30 à 0,40 m (2 -3 assises). Dans la coupe Est du sondage 1 il ne reste aucune trace du mur longitudinal, ce que peut être une conséquence de la construction de la route ou respectivement du petit parking, qui se trouve dans l'angle sud-est du plateau. Le parement externe n'est que préservé sur une assise de pierres, et il se trouve en position d'écroulement. Le mur a une largeur de 2,10 à 2,20 m. Dans les carrés F à H, le mur est interrompu par une petite ouverture ou poterne . Elle mesure 2 m au nord et 1,7 m au sud et donc est légèrement tronconique. Comme sa position ne laisse aucun accès au contrebas du rempart sur la terrasse, il est à supposer qu'il s'agissait d'un accès au coté externe du mur longitudinal, afin de permettre de travaux de construction ou réparation.
Sur l'arrêt de la terrasse, un petit muret parallèle à l'axe du rempart a été édifié . Sa maçonnerie correspond à celle du mur longitudinal. Sa largeur est relativement irrégulière et varie de 0,90 à 1,40 m. Il est préservé sur 0,60 m de hauteur maximale (3 à 4 assises de pierres), le parement externe n'est préservé que sur une assise.
La
deuxième étape de construction du rempart 2 correspond
à l'édification de murets transversaux contre la face interne du mur
longitudinal. Les vestiges de trois de ces murets furent dégagés
pendent les fouilles. Ils sont distants les uns des autres de 4,10 m
(muret K à L) et 4,90 m (muret L
à M). Leur
mode de
construction correspond à celui du mur longitudinal et leurs bases
reposent sur le même niveau de construction.
Le
muret K
est
préservé sur 3,70 m de longueur et sur 0,95 m de hauteur, sa largeur
maximale est 1,70 m.
Le muret L a des
dimensions
comparables :
3,00 m de longueur, 0,50 m de hauteur et 1,70 m de largeur.
Le
muret M n'est qu'un reliquat de son parement ouest,
il fut
presque
complètement détruit suite aux fouilles des années 30.
L'état
de
conservation commun de murets K et
L montre une
dégradation
forte vers lintérieur du plateau.

La
poterne fut
refermée
peut-être directement après lachèvement de travaux de construction. Le
parement externe de cette fermeture est préservé sur une assise de
pierres. Le parement interne est constitué en de grandes pierres
plates, trouvées en position déboulement. Lespace entre ces parements
fut rempli avec un fourrage de pierres de plus grand volume comparé au
mur longitudinal.
Situées
dans les alvéoles des murets transversaux,
des couches de terre organique sont posées contre leurs parements et
contre celui du mur longitudinal. L'une se trouve à l'ouest du
muret K, une autre entre les murets K et L et une
troisième
entre
L et M. Ils correspondent à un niveau de circulation de la phase
IVd . Cette interprétation est renforcée par la trouvaille de plusieurs
clous de chaussures romaines, dont plusieurs exemplaires
dites à
la
croix , et un nombre de clous de maçonnerie.
L'abandon
du rempart 2 est marqué sur le
talus par une interface de destruction, qui correspond au bord de
démolition du mur longitudinal et des murets transversaux. Au coté
externe du rempart se trouve une couche déboulis, constituée des
pierres écroulées du mur longitudinal. Au coté interne le seul éboulis
identifiable est une couche qui correspond au comblement écroulé de la
fermeture de la poterne. Les alvéoles entre les murets
transversaux sont remplies avec des couches mélangées de terre et des
pierres . Ce niveau ensuite fut recouvert avec un dense blocage de
grands blocs basaltiques, qui remplit complètement les alvéoles et se
disperse aussi au-dessus des bords supérieurs des murs.
La trouvaille d'un reste dau moins une incinération démontre
une
utilisation de la terrasse postérieure au fonctionnement des
fortifications.
La tombe fut creusée dans la dernière couche
d'éboulis du rempart . Elle est fortement érodée et bouleversée. Le
fond d'un vase se trouve in situ. Il contient des fragments d'os
humains brûlés et un petit objet en fer non identifiable. Dans les
environs proches, il y avait de très nombreux fragments de céramiques
appartenant à plusieurs vases ainsi que des os brûlés. Sa position
stratigraphique prouve qu'à une date située entre 30 et 60 ap. J.-C.,
le rempart 2 était déjà éboulé. A ce moment, le caractère défensif de
l'angle sud-est du plateau n'existe plus.